Il y a des dénouements que même les scénaristes les plus mordants n’auraient osé imaginer. Dans les couloirs feutrés de la tour de la RTS, la comédie humaine du service public vient de livrer l’un de ses plus savoureux vaudevilles. On apprend ainsi que Jean-Philippe Ceppi coulait des jours paisibles dans un placard doré soigneusement capitonné aux frais du contribuable, avant d’être finalement remercié. Mais le comble du raffinement bureaucratique ne réside pas seulement dans les émoluments confortables d’un placardisé de luxe ; il tient à l’intitulé exact de sa mission crépusculaire. L’homme était, tenez-vous bien, chargé de… la déontologie.
L’ironie est tellement monumentale qu’elle mériterait d’être gravée au fronton de la télévision romande.
Faut-il rappeler qui présidait aux destinées de Temps Présent lorsque l’émission phare décida d’orchestrer, à coups d’insinuations et de méthodes partiales, ma mise à mort médiatique ? C’était bien sous la houlette de Jean-Philippe Ceppi que la grand-messe de l’investigation romande a signé la plus cuisante débâcle morale et juridique de son histoire. Une condamnation historique, confirmée jusque devant la Cour européenne des droits de l’homme, pour manquements élémentaires à l’éthique journalistique. Pour la première fois depuis la création du magazine, Temps Présent voyait son travail officiellement sanctionné pour avoir piétiné les règles fondamentales du métier.
Et comment la RTS a-t-elle choisi de récompenser l’architecte de ce désastre déontologique ? En le nommant gardien du temple de cette même déontologie, bien à l’abri dans une voie de garage dorée. Le rideau tombe enfin sur cette farce. Mais la morale de l’histoire, elle, reste impérissable : à la RTS, plus on s’égare avec la déontologie, plus on semble qualifié pour l’enseigner aux autres.
Martina Chyba et Jean-Philippe Ceppi quittent la RTS | RTS
Martina Chyba et Jean-Philippe Ceppi poussés vers la sortie | 24 heures